31.07.2008
Le tourisme, une industrialisation de l'hospitalité ?
Le tourisme,
comme une industrialisation de l'hospitalité,
est condamné.
Fin Juillet 2008, en Languedoc-Roussillon, les professionnels du tourisme se plaignent d'une baisse d'activité. L'un d'entre eux , dans le Midi-Libre du 31/07, avance une explication pleine de sous- entendus: « c'est ( notamment) un effet de la sensibilisation permanente à la baisse du pouvoir d'achat » ... Pense t-il vraiment que les gens dépensent moins uniquement parce ce que l'on diffuse des statistiques sur la baisse de leur pouvoir d'achat ? Il suffit donc de ne plus produire de statistiques économiques pour les voir dépenser tous azimuts? Quitte à s'endetter exagérément, quitte à provoquer de nouvelles crises financières comme celle des « subprimes » ?
Cela correspond assez bien à un trait de caractère que l'on rencontre trop souvent dans le secteur du tourisme: « prenons leur un maximum de pognon lors de cette saison, pour l'an prochain, on verra bien! »
C'est cette même attitude qui a dû pousser un restaurateur grand-mottois à ne pas déclarer la moitié de son personnel. L'essentiel serait de faire du chiffre d'affaires durant un été, sans se soucier de la protection sociale à long terme de son personnel ou des impôts et contributions qui serviront à aménager les divers services et lieux publics pour favoriser l'attrait touristique.
Ces professionnels devront sans doute se pencher sérieusement sur l'idée qu'une station touristique, une zone touristique donnée, doit avant tout développer une image de vérité, de sincérité, de simplicité, un accueil de l'autre en se pliant en quatre pour l'honorer et le satisfaire, lui donner envie de s'installer chez nous,... n'est pas ce que l'on appelle l'hospitalité ?
D'ailleurs, le bilan effectué à la mi saison met en évidence un fait important: « les seuls sites qui limitent les dégâts sont ceux qui organisent des manifestations ... basées sur l'authenticité, sur l'écologie » ( par exemple le château de Carcassonne ou le sentier sous-marin du cap d'Agde, d'après le Midi-Libre précité).
Ajoutons à cela, les méfaits et nuisances, justement écologiques et environnementales qui apparaissent de plus en plus souvent dans les pays où le tourisme prend trop d'importance, , en détruisant les économies agricoles et artisanales traditionnelles.
Et la conclusion s'impose : l'hospitalité, qui est le socle de l'accueil de l'étranger, l'ouverture au monde, l'enrichissement humain mutualisé doit à nouveau inspirer toutes les entreprises et actions dans le secteur du tourisme.
Finalement, l'on ne gagne rien à vouloir faire du tourisme une industrie,
Alors que le temps des vacances reste pour beaucoup le temps de la rupture avec les occupations habituelles. Et pour rompre avec le quotidien de la gestion du pouvoir d'achat et du décodage des offres commerciales surabondantes tout en partant à la découverte d'autres lieux, d'autres cieux et d'autres dieux ( au sens des cultures, philosophies de vie et pourquoi pas aussi religions), il ne semble y avoir q' une formule: l'accueil par l'habitant ou chez l'habitant, dans toutes ses formes: à forte connotation économique avec le gîte loué ou dans le cadre d'une économie plus décroissante, avec l'échange de maisons ou d'appartements, voire l'accueil réciproque, en somme l éternelle hospitalité.
MANSTRAU, Montpellier, le 31/07/2008
A consulter sur :
http://consommermoinsconsommermieux.midiblogs.com/...
12:28 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LES JEUX OLYMPIQUES
LES JEUX OLYMPIQUES, l'illusion de la croissance sans limites à travers le sport.
L'homme est un corps et un esprit, » men sana in corpore sano » mais la citation latine a perdu son sens initial puisqu'il s'agissait de rechercher la santé de l'âme avec celle du corps.
Au fil du temps, finalement assez court de l'ère productiviste et capitaliste ( depuis environ 2, 5 siècles) les activités physiques nécessaires à la production économique ont très fortement diminué avec , en parallèle, le développement d'un activité physique de remplacement : le sport ; il faut bien continuer à maintenir le corps en état surtout depuis que l'homme passe le plus clair de sa vie assis, dans une salle de classe jusqu'à 22 ans, au bureau, dans sa voiture ou devant la télé.
C'est Pierre de Coubertin qui relança les jeux olympiques modernes en 1896 ; » l 'important, c'est de participer » lui est faussement attribué mais en 1908, il reprend une phrase similaire de l'évêque de Pennsylvanie : « L'important dans la vie ce n'est point le triomphe, mais le combat, l'essentiel ce n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu ».Dès l'antiquité grecque, les vainqueurs tirent de grands avantages monétaires et honorifiques des jeux. Les J.O se sont professionnalisés entre 1988 et 1992 et sont devenus à présent, comme tout le sport professionnel une véritable industrie, avec ses investisseurs, ses entrepreneurs, ses cadres et ses médaillés, les meilleurs « ouvriers du monde » sportif.
Au delà de son aspect économique, le sport est un fait social total au service des pouvoirs en place qui en font une tribune comme les Romains le firent avec leur jeux du cirque. C'est la concurrence généralisée, dans le cadre des mêmes règles pour tous; cela rejoint le grand rêve des économistes libéraux avec leur concurrence pure et parfaite. Cela ressemble à l'alliance entre l'idéal du marché et l'idéal de la démocratie: égalité des conditions, du moins en apparence; rappelons que les grecs exigeaient que les différents athlètes soient présent à Athènes durant tout le mois qui précédait les jeux, ceci en vue de s'entraîner ensemble dans une saine émulation. Une telle présence s'imposera à l'avenir, sous télé surveillance ininterrompue, pour éviter l'absorption de produits dopants.
Cependant, contrairement à l'idéal démocratique, il n'y a pas d'alternative, de courants de pensée différents en sport comme dans les disciplines artistiques ( cf « la décroissance » N° 48 avril 2008), c'est donc plutôt l'alliance du marché et des régimes totalitaires, c'est donc bien les J.O de 2008 en Chine. Aucun objet, aucune idée nouvelle n'est crée par le sport, mais l'on ne cesse de créer pour le sport des biens ( combinaison de natation) ou des services ( coaching) qui n'ont guère d'application ailleurs que dans le sport. Il n'y a que la performance qui vaille ! D'ailleurs, même les artistes se laissent pervertir par la performance assimilée au sport dans les « performances » que réalisent certains peintres ou sculpteurs devant le public.
Le sport véhicule des valeurs très précises: la compétition, un monde formellement égalitaire sur la ligne de départ mais systématiquement fait de gagnants et de perdants à l'arrivée. Le marché envahit peu à peu la totalité de l'expérience sportive de tout individu: publicité omniprésente, y compris le naming = équipements sportifs baptisés du nom de marques, MMArena au Mans), clubs devenant des S.A. Le développement du sport semble nous ramener à l'aube du développement du travail ouvrier au 18 ème siècle: travail des enfants, rejet des sportifs hors-course, nombreux intermédiaires qui achètent et qui vendent du travailleur-sportif,... En même temps, il utilise tous les attributs contemporains du règne marchand au 21 ème siècle: marque, publicité vivante incarnée par des athlètes, branding = prétendre satisfaire le désir ( d'être jeune, svelte, puissant, résistant,...) à travers la couverture d'un besoin ( se chausser avec une paire de baskets). C'est la société du spectacle de Guy Debord pour des milliards de télé-voyeurs.
Ce spectacle sportif ajoute à une base éducative ( s'accomplir en luttant avec soi-même) un accomplissement guerrier: lutter et gagner contre les autres !
Le sport , c'est la forme moderne de la guerre: moins de morts, de nombreux blessés dans le stades et dans les tribunes, même dans les foyers ou se concentrent les blessures d' amour propre des supporters invétérés. Les entraîneurs développent 1) la confiance en soi, 2) l'instinct de tueur ou « la rage de vaincre ».
Sans les droits de l'homme, les jeux olympiques prennent le risque de se séparer de leur base éducative, s'accomplir dans le respect des autres ou le concurrent devient partenaire de notre propre accomplissement physique, pour ne présenter que le combat entre nations.
Pour valoriser la base éducative, les J.O devraient récompenser tous le participants qui auraient amélioré leurs propres résultats- devenir meilleur- et pas seulement les 3 meilleurs- devenir le meilleur. Ce, d'autant plus, qu'il parait totalement illusoire d'améliorer sans cesse les performances sportives ( le saut en hauteur de 2,45 mètres de Javier Sotomayor n'a pas été battu depuis 1993 ) comme il paraît totalement illusoire d'avoir une croissance économique infinie.
Montpellier, le 5/07/2008. MANSTRAU geges@club-internet.fr
12:19 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.06.2007
Achat d'un timbre fiscal, la France selon KAFKA !
Qu'est ce qui ne marche pas en France ? Les tabac-presses , les services fiscaux ou l'administration municipale ?
Chronique kafkaïenne du quotidien:
Dans le cadre de mon métier d'enseignant, j'organise l'accueil de jeunes étudiants russes désirant approfondir la langue de Molière.
Ce mercredi, je fis les démarches pour obtenir une attestation d'accueil pour l'un d'entre eux.
Un premier déplacement en mairie, pour obtenir la liste des pièces à fournir, parmi lesquelles un timbre fiscal de 30 € ( 2 x 15 € en fait).
Je rassemble les pièces et cherche à acquérir ces fameux timbres auprès d'un tabac-presse de la ville:
Le premier commerçant, dans le quartier des Beaux-arts, m'explique très gentiment qu'il n'a jamais eu de timbres à 15 €, sans doute une nouveauté, et que les services fiscaux limiteraient drastiquement le nombre de timbres par boutique ....
Le second, bv louis Blanc est très clair: « je ne fais pas cela » ....
Je commence à me désespérer avec le troisième, place de la Comédie : « je n'en ai plus, j'en aurais demain » ....
Le quatrième, au 17, rue du Faubourg de la Saunerie est mon sauveur, il me vend les deux timbres.
Face à mon air réjoui et mon questionnement, j'obtiens un cinglant « dans les bons tabac-presse, il y en a toujours ».
Et dire qu'il y a des buralistes qui s'inquiètent de leur avenir, maintenant que le chiffre d'affaires venant de la vente du
tabac-poison est en baisse ! Ne faut-il pas penser que seuls les fabricants et commerçants privés qui nous apportent
réellement quelque chose doivent prospérer ?
Je file à la mairie, présente tous mes documents. Mais voilà que l'on m'indique que le document attestant ma qualité de propriétaire n'indique pas précisément le nombre de M2 dont je dispose, précision que l'on avait omis de m'indiquer lors de mon premier passage ( sur une liste écrite pourtant de la main de l'agent municipal) .....
Me voilà reparti pour revenir une troisième fois, le lendemain, l'après midi touchant à sa fin.
Sur le chemin du retour, je fulmine, et médite sur le fonctionnement de la 7 ème puissance économique du monde: le plus grave, c'est le souvenir qui me revient d'une pareille mésaventure, il y a déjà 15 ans en arrière, rien ne change donc !
Ces timbres fiscaux correspondent sans doute à une vieil outil fiscal, mais alors pourquoi ne pas le supprimer au profit d'un chèque ou d'une paiement par carte bleue ? S'agit-il là encore de sauver quelques emplois publics qui ne nous apportent rien , au lieu de les reverser dans tous les services mal satisfaits ( aide aux personnes âgées, soutien scolaire, ambassadeurs du tri des déchets, ...).
Pour ce qui est des réformes tous azimuts, bon courage, Mr Sarkosy !
MANSTRAU.
15:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.03.2006
CPE: Cette Première Erreur de villepin, dont profite le vil Sarkosy !
C.P.E , Cette Première Erreur de Villepin, dont profite le vil Sarkosy !
Aujourd'hui 87 % des emplois salariés en France correspondent à un emploi stable de type CDI ou fonction publique selon l'INSEE *. Mais, c'est au niveau du recrutement que le CDD est devenu la norme avec 74 % des emplois nouveaux crées ( même dans l'éducation nationale avec les vacataires ). Pour le premier emploi des jeunes, en y ajoutant les stages, l'intérim et les contrat aidés par l'État, c'est donc déjà la précarité dans 90 % des cas !! Ces données ne sont pas nouvelles, elles sont enseignées en seconde SES depuis 15 ans. Qu'avons nous fait depuis 15 ans, à part créer des formules d'emplois aidés , en fait des CDD du secteur public sur 2 , 3 ou 4 ans maximum !
Le C.P.E se voulait une initiative pour rompre avec cette pente glissante qui transformait très lentement les CDI en CDD, il s'agissait en somme d'«encadrer cette précarité » en lui permettant d'évoluer vers de la stabilité ( le fait que le CPE est un CDI qui mûrit pendant 2 longues années).
Mais Dominique de Villepin a fait deux erreurs, sans doute du fait de ses calculs de futur présidentiable...
Il s'agit de graves erreurs psycho-sociologiques, entraînant, à tort ou à raison, un très mauvaise perception de son contrat par les jeunes; ce sont bien eux qui manifestent depuis plus d'un mois, tous les autres leur courent après.
La stigmatisation, une première erreur:
D'abord il a visé les jeunes, avec un contrat qui leur est spécialement destiné, à un moment de leur vie où il veulent se défaire de l'étiquetage « jeune » au moment du passage dans le monde des adultes avec un premier emploi ; c'est d'ailleurs devenu le seul et vrai » passage »,en 2006 ! tout le reste: réseau relationnel, argent de poche à dépenser, vie amoureuse, droit de vote et d'expression publique, maîtrise des outils de communication,... leur étant acquis.
L'opacité, une deuxième erreur:
Ensuite, il a prévu le licenciement sans motif, parce qu'il veut permettre le licenciement sans recours juridique , ce qui n'est pas du tout la même chose !! ( le CPE est sans recours juridique mais avec une petite indemnité ).
C'est contraire à toute l'éducation et à toute l'évaluation qui leur est dispensé par les parents, enseignants, adultes: dans le cas de l'enseignement par exemple, une mauvaise note est toujours accompagné des explications qui permettent à l'élève de comprendre et de s'améliorer. Un licenciement sans un minimum d'explications sur ce qui peut leur être reproché ou sur la situation de l'entreprise leur est intolérable « jeté comme un klenex » disent 'ils fort justement.
Après 30 ans d'exercice professionnel, un salarié sait bien que l'employeur aura toujours la possibilité de le licencier, fusse en fabricant de solides motifs de toutes pièces pour éviter l'action en justice.
Deux erreurs qui semblent peser très lourd dans une démocratie très affaiblie sur le plan institutionnel ( partis, élections, élus ) mais très vivace dans son nouvel habit de « démocratie d'opinion ».
Quant à la relation entre le niveau de flexibilité et le niveau d'emploi, elle est très complexe. Il ne faut pas confondre création nette d'emplois et embauche; ainsi, on a embauché 4, 8 millions de salariés en 2003 , 22.000 / jour ouvrable ( cf. Eurostat *) , mais on en a licencié ( ou fin de contrat, ou retraite) presque autant. En matière de flexibilité de l'emploi, la France serait bien placée, toujours d'après les statistiques d'Eurostat, avec 6,7 % des salariés ayant débuté leur emploi au cours des trois derniers mois. Le seul vrai problème français, c'est que ce sont toujours les mêmes qui sont, tour à tour, embauchés ou licenciés; notre marché du travail est devenu dual, avec d'un coté les emplois relativement protégés du chômage, de l'autre coté, les « précaires », dont les jeunes.
Nota bene: La flexibilité, c'est aussi le fait qu'en tant que consommateur, nous changeons bien trop souvent de produit, de fabricant, de quantités achetées.... les entreprises doivent suivre.
* INSEE: www.insee.fr
* Eurostat: http://epp.eurostat.cec.eu.int/
19:22 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12.02.2006
Colonisation: se saisir ainsi du passé, voilà le degré zéro de la politique
A l'heure ou un trés grand scientifique britannique ( James LOVELOCK) annonce dans son dernier livre ( la revanche de Gaia) que "la civilisation va disparaitre en raison du réchauffement climatique", nos hommes politiques polémiquent sur le rôle positif/négatif de la colonisation.
Et ils y mettent toute leur hargne et leur combativité, à grand renfort de rassemblement avec drapeaux, discours, insultes et procès en diffamation !
Le bilan de la colonisation doit être laissé à l'analyse historique, d'autant plus, qu'avant la colonisation française visée en Afrique du nord et en Afrique noire, les historiens peuvent étudier la colonisation par les croisades et plus récemment la colonisation culturelle occidentale par les médias et produits industriels.
Mais le rôle des élus n'est pas de juger notre passé mais de préparer notre avenir. Serait-ce parce que les problèmes qui sont devant nous laissent nos élus sans imagination et sans projet qu'ils se tournent volontiers vers le passé ?
3 exemples, seulement:
Urbanisme, aménagement du territoire: Dans cette région, il faudra accueillir plus d'un million d'habitants à l'horizon 2025; quelles politiques foncières et urbaines ( ou villageoises) pour casser la folle spéculation actuelle si l'on veut éviter de n'attirer que des cadres supérieurs de pays riches ?
Energie, transports: En France, il faudra apprendre à se passer de pétrole d'ici 10 ans ( ce que René DUMONT prédisait en 1974) ; quelles incitations financières aux transports en commun, au covoiturage, au deux-roues... et au véhicule solaire et éolien ?
Education, travail: Dans nos écoles, les jeunes n'ont plus le goût de l'effort et du travail alors que 2 milliards de chinois et d'indiens ne pensent qu'à les développer; nous attendons encore le courage politique de transformer rédicalement notre Education nationale.
Si nos élus préfèrent se complaire dans le passé plutôt que d'affronter l'avenir, qu'ils aient le courage et la sagesse de cèder la place ! la solution pratique est simple: non cumul absolu et indemnité plafonnée à 200% du revenu qu'ils touchaient avant d'être élu ( à 100 % s'ils conservent une activité).
MANSTRAU.
10:15 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


